Pierre Vidal-Naquet
L’homme de vérité
Historien engagé et militant actif jusqu’au bout. L’historien Pierre Vidal-Naquet, intellectuel engagé, notamment contre la torture pendant la guerre d’Algérie, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 76 ans à l’hôpital de Nice.
Il était dans le coma depuis lundi à la suite d’une hémorragie cérébrale. Fils d’un avocat entré très tôt dans
Algérie, Liban et Irak
Jamais en retrait de l’actualité, il est intervenu dans la plupart des grands débats des dernières décennies. Dénonciateur de la torture durant la guerre d’Algérie, adversaire du pouvoir des colonels en Grèce, il multipliera pétitions, lettres à la presse, création de comités de soutien, intervenant sans relâche dans les principaux dossiers judiciaires et politiques. En 1982, il arpentait les rues de Paris pour manifester contre les bombardements d’Israël déjà sur le Liban. Il manque cruellement aujourd’hui aux pacifistes et aux opposants à la guerre que mène l’Etat hébreu contre le pays du Cèdre. « Nous avons honte dans la mesure où les juifs s’identifient à un Etat conquérant. Oui, nous avons honte. Mais nous sommes fiers aussi d’autres traditions qui existent dans le judaïsme et qui ne se résument pas à l’extermination des peuples soumis », disait-il en 1982. Aujourd’hui, après le massacre de Qana, où 37 enfants ont trouvé la mort, ces paroles sonnent encore comme un testament posthume. Celui qui se définit comme « un homme passionné qui s’engage, doublé d’un historien qui le surveille de près, enfin, qui devrait le surveiller de près », a été de tous les combats. Juste après la guerre d’Irak, contre laquelle il s’était opposé, il a rappelé la continuité de l’histoire. « Avant d’être déporté, mon père a été torturé par

Il a été l’un des premiers à avoir dénoncé la barbarie du colonialisme
Pierre Vidal-Naquet, l’historien engagé
Né le 23 juillet 1930 à Paris, Pierre Vidal -Naquet, historien de réputation internationale, se définissait lui-même comme un « historien militant ».
Il était âgé de 9 ans lorsque éclata
« Une disparition qui coûte cher à l’Algérie et aux historiens »
Le décès de l’historien Mahfoud Kaddache, survenu dimanche soir, a suscité de nombreuses réactions auprès de personnalités de différents bords. La « perte » de ce « grand militant du mouvement national » est douloureuse pour tous.
Pour Abdelhamid Mehri, l’ancien secrétaire général du FLN, « c’est une disparition qui coûte cher à l’Algérie et aux historiens ». Il souligne le fait qu’il ait « admirablement accompli sa tâche d’historien » en laissant des travaux exemplaires pour la postérité. L’ancien chef du gouvernement, Belaïd Abdeslam, s’adressant à l’APS, a insisté sur l’historien qui « a apporté, sur le plan intellectuel, une contribution dans l’écriture de l’histoire du mouvement national » et qui a été un dirigeant exemplaire dans le mouvement des Scouts musulmans algériens. Il relève aussi la « très précieuse » œuvre écrite qu’il a laissée aux générations futures. Ahmed Benbitour, ancien chef du gouvernement aussi, déplore la grande perte de celui qui a « servi la mémoire de toute une nation, l’Algérie », qui a « travaillé toute sa vie pour les futures générations », pour que les jeunes d’aujourd’hui comprennent de la manière la plus objective le combat mené contre le colonialisme. Pour M. Benbitour, Mahfoud Kaddache a assurément « contribué à élever la conscience des jeunes et à leur apporter une vision plus objective de l’avenir ». Le vice-président du Conseil de la nation, Abderezzak Bouhara, un compagnon du défunt, a déclaré à l’APS que « c’est une grande figure qui disparaît » et « le monde des intellectuels algériens perd un de ses grands piliers ». Le ministre de l’Emploi et de









